Mercredi, août 9, 2017

Le 2 juillet dernier j’ai eu l’honneur de participer à une réception simple et prestigieuse à la fois. Ces mots un peu opposés dans une même phrase sont pourtant bien choisis de ma part. En effet, c’était un dimanche après-midi orageux, gris et lourd à l’extérieur mais joyeux et léger dans la salle de la bibliothèque Monique-Corriveau  de Québec (quartier Ste-Foy).  Environ 80 personnes étaient rassemblées pour rendre hommage à des gens d’ici alors que l’association des Africains et amis des Africains de Québec recevaient 5 personnalités du Québec.  Ces personnes ont été reconnues pour leur engagement  à différents niveaux.  Louise Harel, une femme de cœur qui a visité la prison de Mandela, ancienne député et ministre à l’Assemblée nationale du Québec;  Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec,  bien connu pour ses prises de position dans divers dossiers sociaux de la ville, un homme très engagé.   Tous deux ont reçu le prix Gandhi avec une émotion bien visible. Yvon Bussières quant à lui a été présenté comme un humaniste du quartier St-Sacrement qu’il habite depuis sa naissance et dont il en est le  conseiller depuis 17 ans. M. Bussières nous a rappelé ce proverbe africain que j’ai entendu à deux autres reprises cet été sur les communautés des Premières Nations; ’’ Ça prend tout un village pour éduquer un enfant’’.        

Continuons avec M. Gilles Jolicoeur, fondateur du Comité d’accueil des réfugiés de la paroisse Saint-Yves de Ste Foy, un ex-ingénieur conseil investi dans la protection de l’environnement et ayant été sous-ministre aux affaires autochtones. D’un âge avancé, cet homme accompagné de son épouse demeure actif et alerte.  Le dernier M. Hubert Laforge, qualifié d’humaniste, ancien doyen de la faculté des  sciences sociales de l’Université Laval, lui aussi d’un âge certain mais conscient de sa part à donner encore.  Sa femme et lui sont engagés à divers niveaux depuis bien des années.  Un dernier prix devait être remis à M. Konrad Sioui, Grand-chef de la nation Huronne-Wendat,  retenu par une obligation familiale et le pow wow de Wendake. Par contre M. Ali Dahan, le président dynamique de l’association, l’a rencontré à son bureau de Wendake.

Trois petites présentations ont été offertes ayant pour thèmes l’inclusion et la reconnaissance de grands personnages dans ce domaine.  Mme Rose Nolan Allmand nous a présenté le travail colossal que son mari Warren Allmand, ancien ministre du gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, a accompli au cours de sa vie notamment dans le domaine des droits humains. J’ai fait une brève présentation de Warren Allmand ainsi que du Mahatma Gandhi; le défi étant grand  car j’étais persuadée que tout le monde savait tout sur lui. J’ai provoqué une grande surprise, à ma satisfaction, en mentionnant deux lettres écrites à Hitler, fait très peu connu. J’ai aussi parlé de William Commanda, un héros pour moi donc tâche des plus gratifiantes.  Pour clore les présentations nous avons eu le plaisir d’écouter une femme intarissable de mots et de connaissances, la doctorante  en sociologie Aoua Bocar Ly-Tall. J’ai eu une rencontre de cœur avec cette femme alors que nous nous rencontrions pour la première fois.  Son propos portait sur la défense des droits des femmes et des humains en mettant une insistance (presqu’un reproche) sur la condition de pauvreté et d’écrasement dans lequel les peuples des Premières Nations du Canada sont maintenus.

En résumé, cette journée est mémorable à cause de ces belles rencontres, des gens de tous âges inspirants et impliqués, des personnes de conviction, fortes.

 Je ne peux terminer sans mentionner le travail impressionnant de M. Ali Dahan, un ex-diplomate qui veut créer des liens entre les cultures et démontrer que l’origine des gens est unique; la terre, une pour tous.

 

Marie Émilie Lacroix,