Vendredi, janvier 27, 2017

Je suis heureuse de partager ce que j’ai vécu en tant que innue et membre d’I&C au Cégep de Sainte-Foy à Québec.  Il en est ainsi à chaque fois que je revis l’Exercice des couvertures qui sensibilise les citoyens à l’histoire coloniale et à la réalité autochtone.             

Le 16 novembre dernier, nous étions un groupe d’une quarantaine de jeunes étudiants en sciences humaines et deux enseignantes à partager autour de la réalité des Premières Nations.  Une équipe de quatre jeunes filles avait adapté le contenu de l’Exercice.      

Pour vivre l’exercice, des objets qui serviront comme échanges traditionnels (troc) et 3 poupées qui sont des symboles d’enfants ont été distribués à certains étudiants.  Lors de l’activité, Il se passe  des surprises quand certains jeunes se voient exclus parce qu’ils représentent ceux qui ont souffert des maladies ou abusés dans les pensionnats ou morts.   

 Je vois leur attitude et leur visage changer au fur et à mesure que l’activité progresse. Je suis très touchée par ce garçon à qui j’enlève brutalement sa poupée. Je lis sa forte colère à mon endroit. A la fin, lors du cercle de parole, il confirme mon impression tout en ajoutant qu’il avait plutôt bien compris que c’est ce qu’avaient vécu les parents des enfants enlevés dans le passé et encore maintenant.     

Je vois une fille qui pleurait très fort parce qu’elle a réalisé ce que sa mère et sa grand-mère, qui sont cries, avaient vécu. Elle a dit qu’elle irait les prendre dans ses bras en sortant de la salle. Une autre fille s’est longuement attardée à regarder un tableau exprimant la disparition de femmes autochtones, puis elle m’a partagé combien elle était fière d’avoir une identité inuit de par son père. Je l’ai fortement encouragée dans ce sens.

Ces étudiants ont exprimés leur profonde déception reliée à l’histoire du Canada qui n’a jamais été enseignée correctement. Nous avons clos l’activité en disant que, comme futurs intervenants sociaux, nous avons la mission de corriger cette lacune et d’apprendre à travailler différemment avec les peuples autochtones.     

 

Marie Émilie Lacroix, Québec