Événements récents

Rapport de Richard Weeks à Initiatives & Changement Canada

Ros et moi avons eu la joie et l’immense privilège de faire partie des 300 personnes prenant part au 50e anniversaire du centre Asia Plateau d’I&C, à Panchgani, en Inde. Il y a 47 ans, Ros était en Inde peu de temps après le début de la construction du centre et a travaillé dans les coulisses au cours de l’ouverture officielle. Après toutes ces années d’absence, elle a été éblouie de voir la croissance du centre et l’abondance et la beauté de la végétation qui l’entoure. Il y a aussi de la beauté dans le message simple, mais fort, vécu et communiqué par la communauté d’Asia Plateau qui invite les gens à accueillir et à embrasser le changement, en eux-mêmes d’abord en écoutant leur voix intérieure. En tant qu’« aînés », nous avons été frappés par le respect que la jeune génération a démontré ainsi que par leur soif d’apprendre tout de notre expérience. Nous aussi avons beaucoup appris d’eux au cours de nos deux semaines passées à Asia Plateau.

C’est en 1968, à Asia Plateau, que Daw Nyen Tha, une éducatrice birmane, qui a voyagé partout dans le monde pour le Réarmement Moral, a vécu ses derniers jours. Ros avait l’habitude de se joindre aux autres résidents à l’extérieur de sa chambre pour chanter ses cantiques préférés. Ma Mi, comme ses amis l’appelaient affectueusement, était géniale pour illustrer le besoin de changement par des citations mémorables telles que : « Quand je pointe quelqu’un du doigt, il y a trois autres doigts qui me pointent. » Au cours de la troisième phase de la construction de centre Asia Plateau, on a dédié à sa mémoire une belle salle de méditation circulaire. C’était approprié qu’un groupe de 15 personnes du Myanmar (Birmanie) se réunissent durant la conférence du 50anniversaire dans cet endroit des plus inspirants. Le groupe comprenait des représentants de sept ethnies et des trois principales religions du pays. L’un de ceux qui représentaient la majorité birmane ou la communauté Bama était Daw Than Than Nu, la fille du premier premier ministre de la Birmanie, qui a visité Asia Plateau avec son père et son frère aîné en 1969. Ros était parmi ceux qui s’occupaient d’eux à cette époque et, tous les deux, nous avons eu la chance de faire partie de l’équipe intergénérationnelle devant remplir ce rôle auprès du groupe. Nous avons ainsi pu apprendre à mieux les connaître et à contribuer à ce qu’ils vivent une expérience profitable. Nous étions heureux de le faire pour I&C Canada et pour ceux qui ont donné généreusement, de sorte que le groupe du Myanmar puisse participer à la rencontre.

Un sujet toujours actuel de leurs conversations a été la crise effroyable à laquelle font face les Rohingyas qui ont fui par centaines de milliers de l’État du Rakhine et qui attendent maintenant un avenir précaire dans des camps de réfugiés près de la frontière du Bangladesh. Les autres conséquences de ces événements, dont l’impact négatif de la transition du Myanmar à la démocratie et le sort du processus de paix nationale avec son espoir de créer une union fédérale plus authentique, constituent également une question préoccupante. Les membres du groupe ont apprécié l’atmosphère d’Asia Plateau, qui a grandement contribué à les encourager et à leur fournir un regard neuf sur la situation. L’un d’eux a dit : « Les blessures sont profondes et ne peuvent être guéries par une solution politique. » Les participants du Myanmar ont hâte de s’engager davantage avec Asia Plateau par divers programmes, tels que Caux Scholars, les stages et les initiatives de gouvernance et d’entreprise. La présence d’une délégation du nord-est de l’Inde les a grandement stimulés et inspirés. Un groupe dynamique de jeunes venus du Nagaland, dont la population vit à la frontière de l’Inde et du Myanmar, a touché leur cœur par la musique et des pièces de théâtre.

Tout cela représente une partie importante de notre expérience à Panchgani en janvier, mais ce n’est pas tout. Nous avons pu revoir des amis de longue date, être inspirés par la jeune génération et noter les évaluations de gens dans les domaines des affaires, de l’éducation, du gouvernement et de la vie locale près d’Asia Plateau.

 

L'Exercice des couvertures permet de poursuivre la sensibilisation à la réalité autochtone

Note de la rédaction: L'Exercice des couvertures est une activité visant à sensibiliser les participants à l'expérience autochtone. Marie Émilie Lacroix d'I&C Québec, elle-même autochtone (Innue), décrit ses expériences lorsqu'elle l'a présentée à plusieurs communautés du Québec et au Mexique.

L’Exercice des couvertures (EC) a poursuivi son voyage vers plusieurs endroits au Québec. Fin mai, au Cap-de-la-Madeleine, 36 personnes y ont participé, dont quelques Autochtones. À Ottawa, sur la Colline parlementaire, nous étions 800 participants, dont plusieurs équipes à faire vivre les étapes de l’EC. Il n’y a pas eu de cercle de partage, mais les actions et les visages parlaient d’eux-mêmes. Je suis heureuse de voir comment le message peut faire prendre conscience de faits passés au pays, et pourtant si méconnus. 

Le 4 juin, je suis partie pour le Mexique afin de participer à cette activité qui s’est tenue à Cuernavaca, en espagnol. Le 21 juin, au cours de la Journée nationale des Autochtones, l’EC a été animé à l’Institut de pastorale des Dominicains, à Montréal, où 45 personnes y ont pris part. Dans la ville de Québec, Lise Gauvreau, Katy et moi avons été accueillies par 130 employés du ministère des Affaires autochtones et du Nord Canada. Le 6 juillet, à Grondines, 35 personnes ont participé à l’EC avec émotions. Des adolescents ont été touchés et se sont promis de mieux s’informer à l’avenir.

Au mois d’août, au musée Shaputuan, situé à Uashat, sur la Côte-Nord, l’EC a eu lieu en présence de plusieurs médias. J’ai été comblée par la participation du chef Jean- Charles Piétacho, de Léopold et de Delvina Hervieux. Lors du partage en cercle, les Autochtones ont mentionné combien cette activité leur a fait du bien. Cela me réconforte et m’encourage à continuer.

Plus tard, en août, à Mashteuiatsh, ma communauté, 15 personnes ont participé à l’EC dont 3 Autochtones et 6 Français. Cette expérience me donne encore plus d’espoir pour l’avenir.

En septembre, Joseph Vumiliya et moi avons animé l’EC à l’école Louis-Joseph-Papineau de Montréal, dans trois classes de secondaire 4 : une journée au cours de laquelle 96 jeunes de toutes origines ont vécu un chapitre de l’histoire qu’ils n’oublieront pas.

Un des meilleurs moments a été notre rencontre avec les 30 gardiens des parcs nationaux du Québec. Il y a eu des pleurs, mais surtout une ferme décision de leur part d’être les gardiens des territoires des peuples autochtones au Québec. Ils veulent adapter leur programme en fonction de ce qu’ils ont appris de leur expérience.  

Le 21 septembre, à Victoriaville, 12 personnes ont pris part à l’EC qui les a beaucoup touchées. Le 27 septembre, la pasteure Cynthia Patterson, au nom de la conférence du clergé anglican du Québec, a invité l’équipe d’I&C à vivre l’EC au Monastère des Augustines. C’est une première en version bilingue. De magnifiques courtepointes ont été présentées, travail de femmes de North Hatley pour des familles Naskapis. Ce sont des moments importants de guérison et de réconciliation.  

Fin septembre, à Rivière-du-Loup, sur les rives du Saint-Laurent, Lise Gauvreau et moi avons présenté l’EC à 60 personnes qui ont été très touchées par leur expérience.Je suis étonnée de constater qu’une personne n’avait jamais entendu parler des pensionnats. Une raison de plus pour continuer d’informer et d’inviter les gens à vivre un avenir que nous construirons tous ensemble.

Marie Émilie Lacroix, Québec  

 

 

 

 

 

Événements archivés