Vendredi, juin 10, 2022
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Il rapidement et de tout cœur, a adopté la philosophie d’I&C comme l'œuvre de sa vie

Laurent Gagnon, 1946 - 2022

Lorsque le film « Le Couronnement de ma vie » a été diffusé à la télévision au Québec au moment de l'assassinat de John Kennedy, Laurent Gagnon s'est dit qu'un jour il aimerait rencontrer et travailler avec ces gens. Ce souhait s'est réalisé en décembre 1971, lorsqu'il a rencontré une équipe internationale d'Initiatives et Changement (I&C) en visite à Trois-Rivières.

Son désir de devenir prêtre avait été contrarié lorsqu'on lui avait dit qu'il valait mieux qu'il retourne à la ferme et à la forêt. Il a néanmoins persévéré dans ses études pour devenir professeur de religion, ce qu'il faisait au moment où il a rencontré I&C.

Laurent, rapidement et de tout cœur, a adopté la philosophie d’I&C comme l'œuvre de sa vie. L'une des premières actions auxquelles il a participé a été la visite au Québec d'un groupe de protestants et de catholiques d'Irlande du Nord. Il a tout de suite ressenti une affinité avec la situation à laquelle ils étaient confrontés et s'est joint à d'autres Canadiens pour une visite de retour. Il a effectué plusieurs autres visites par la suite et, selon les mots d'un collègue nord-irlandais, « Laurent a été le portail de l'une de nos rencontres les plus significatives en Irlande ».

En 1975, Laurent a épousé Lise Dupuis et ils ont choisi comme thème de leur mariage « Témoins sans Frontières », qui est devenu plus tard le titre du livre qu'il a compilé sur les personnes dont la vie a été touchée par I&C au Québec. Afin de créer des liens personnels avec l'Ouest du Canada, Laurent et Lise avec Jean Michel, âgé de 11 ans, ont vécu pendant un an à Victoria, BC.

Dès sa première visite à Caux en 1972, il a été saisi par sa valeur et son charisme uniques et s'y rendait chaque été, généralement avec d'autres personnes du Québec, parmi lesquelles des représentants des communautés des Premières Nations. La présence à Caux d'un de ces groupes a conduit à une profonde réconciliation entre Laurent, en tant que Canadien français, et les membres de la nation Mohawk. Ce fut le début d'une relation créative et transformatrice. Ses étés à Caux ont également été marqués par un travail bénévole à l'économat, responsable de l'approvisionnement en nourriture et en fournitures pour les 500 invités.

En 2008, à l'occasion du 400e anniversaire de la ville de Québec, première colonie française en Amérique du Nord, un événement initié par I&C a eu lieu sur les plaines d'Abraham, site de la défaite de la garnison française par les Britanniques. Cette bataille jetait une ombre sur les relations entre le Canada français et le Canada anglais, qui ont été décrites comme ‘deux solitudes’. L'idée inspirée de Laurent était de reconnaître deux autres solitudes : d'abord les peuples autochtones, qui avaient souffert aux mains des deux puissances coloniales, et ensuite les réfugiés et les nouveaux immigrants au Canada. Ainsi, l'événement est devenu une reconnaissance des torts du passé et une reconnaissance et une célébration des "quatre solitudes". Ce même concept (conçu par Laurent) est devenu le point central du Projet Citoyen, un partenariat entre Initiatives et Changement, les communautés autochtones et Espace Art Nature, en réponse à la Commission Vérité et Réconciliation sur les pensionnats autochtones.

Laurent était un fier Québécois. Il plaisantait : « Je ne vais jamais nulle part sans ma moustache et mon accent ! ». Son engagement avec I&C et sa façon de vivre ses valeurs étaient toujours authentiques à ses racines. Il s'agissait d'un engagement à vie, pour lequel il ne pensait pas à la retraite. Seule une santé défaillante l'a ralenti et finalement, le 28 mai de cette année, nous l’a enlevé.