Lundi, mars 29, 2021

TBP entraîne des changements dans les membres de l’équipe

Les équipes de projet du Programme pour la Création de la Confiance (PCC) ont pour objectif de créer la confiance au sein de leurs communautés respectives.

Il ne s'agit pas seulement de la vie des participants qu'elles touchent, mais aussi du changement personnel des membres de l'équipe eux-mêmes. Quel impact les projets ont-ils eu sur eux ? En quoi ont-ils changé leurs perspectives ? Nous avons parlé à Joseph Vumiliya, coordinateur du projet Bâtir la Confiance au Canada, et à Judy Mumbi, assistante du chef de projet et facilitatrice du PCC au Kenya, et nous leur avons demandé de partager leurs histoires de changement.

 

Joseph Vumiliya

Quel est votre expérience, et comment avez-vous commencé à parler du racisme ?
Je suis né et j'ai grandi au Rwanda, et pendant une grande partie de ma vie, depuis mon enfance jusqu'à mes jeunes années d'adulte, je n'ai pas eu le droit de parler de l'injustice dont j'étais victime. C'était une société dans laquelle il n'était pas permis de parler de sujets comme la discrimination. Quand on vit dans la crainte de sa vie pour avoir parlé de tels sujets, on apprend vite à se taire.
Depuis que je vis au Canada, j'ai commencé à me sentir de plus en plus libre d’en parler. Bien que la société québécoise ne soit pas encore prête à parler ouvertement du racisme, j'ai maintenant l'impression de pouvoir toucher au sujet. J'ai appris à engager des conversations parfois difficiles sur le sujet sensible du racisme avec ma famille et mes amis, sans pour autant rompre les relations.

Quel est le changement le plus important que vous ayez apporté en participant au PCC ?
La chose la plus importante que j'ai apprise est qu'il est possible d'aborder le sujet du racisme de manière efficace. Tout a commencé en étant honnête avec moi-même et avec les gens qui m'entourent. J'avais besoin de trouver confiance et courage en moi pour parler de la discrimination raciale. D'autres aspects de mon parcours m'ont également aidé à en arriver là, comme le fait d'avoir des conversations avec des Noirs et d'autres personnes racialisées sur des questions raciales, et de m'éduquer en lisant des livres et en regardant des documentaires sur le sujet.

Comment votre travail avec I&C et le PCC a-t-il contribué à rendre cela possible ?
J'ai participé à une formation de « Community Trustbuilding Fellowship » à Richmond avec I&C États-Unis, ce qui m'a permis d'acquérir de nombreuses connaissances. J'ai appris différentes façons de pratiquer le temps de silence afin de réfléchir, et j'ai eu beaucoup de conversations avec des collègues tant au Canada qu'aux États-Unis. Tout cela m'a aidé à mieux comprendre les blessures historiques et comment la confiance entre les personnes de races différentes a été brisée. J'ai également acquis des connaissances sur la manière de travailler à l'éradication du racisme systémique.

Que pensez-vous de l'idée d'aborder le sujet du racisme maintenant que vous avez appris à en parler ouvertement ?
Comme j'ai acquis plus de connaissances sur le sujet, je suis maintenant plus sensible au racisme systémique qui se produit autour de moi. J'ai appris que la solution n'est pas de blâmer les gens pour leurs actions racistes, car certains comportements proviennent de préjugés inconscients. Cela me motive à avoir autour de moi des personnes qui comprennent bien les problèmes de racisme systémique afin de travailler ensemble à l'établissement de la confiance. J'ai appris à être patient avec les gens et à les accompagner sur le chemin du changement, car il faut beaucoup d'autoréflexion pour changer les préjugés inconscients.

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